4 octobre 2008, visite de la forge d’Arthez-d’Asson

Raconter la forge

Quand l’histoire des techniques devient vivante

samedi 4 octobre 2008 par Dominique Fournier

Une histoire

La forge d’Arthez-d’Asson passionne depuis 15 ans l’Association Fer et Savoir-Faire. Il y a un personnage comme Antoine d’Incamps, capitaine exemplaire par son courage, son intégrité qui fut surtout un industriel visionnaire ; c’est lui qui créa la première ferrarie. Une usine pour produire du fer. Dès 1601, depuis Paris, le Roi, Henri IV se félicita que dans son « pays natal on commence à battre le fer ». Ici, la roche de la montagne était transformée en métal, en fer ! Au départ avec des ferrones d’Euskadi puis avec des forgeurs Ariégeois qui installèrent des trompes à la place des barquines (soufflets) pour activer le feu. Une quarantaine de mineurs et plus de 400 charbonniers complétaient l’effectif.

Oui, il y avait une sorte de magie, le caillou devenait métal dans un feu activé par l’eau, le tout aux battements d’un marteau géant, un mail de 700 kilos. Une activité qui dura 300 ans avec tous les aléas liés à la politique, aux progrès techniques, aux travailleurs et au marché.

Ce fut aussi l’invention des règles du travail, des salaires, des pensions.

Un site

Cette usine qui cessa de fonctionner en 1866 n’a pas été détruite, les installations hydrauliques ont été adaptées pour une centrale électrique, en revanche une partie des matériaux des bâtiments a été prélevée puis la végétation et les intempéries ont dégradé les édifices. Ces ruines présentent actuellement une dangerosité. Elles permettent toutefois d’imaginer comment était ce site en exploitation. L’emplacement des trompes, le foyer, l’arbre de roue du marteau géant sont visibles. Par prudence il ne faut pas se tenir près des murs mais la circulation est possible dans les zones signalées.

Un héritage

L’empreinte de ces trois siècles d’activités a été considérable, du fer pour les armes mais surtout pour les outils pour développer l’agriculture, la mécanique, les machines pour le textile et la fabrication de meubles. Plus récemment, ces compétences mécaniques ont été mises à profit pour l’aéronautique et la réalisation des turbines « Turbomeca  ».

S’il n’est pas question de remettre en marche une telle installation, il est important de montrer grâce à des maquettes l’ingéniosité et les perfectionnements qui ont permis ce succès.

Faire savoir

Actuellement ce site et son extraordinaire histoire sont connus et reconnus des spécialistes.

Mais on doit constater que le grand public a beaucoup de mal à se représenter cette époque lointaine et ce sujet technique ardu. Les expositions, les conférences les colloques organisés tous les ans n’ont pas permis de déclencher un véritable engouement du public. En revanche, une approche qui a produit une grande satisfaction à tous, fut la mise en théâtre de moments de la vie des forges. Nous pensons que c’est une voie qui doit être explorée, elle se prête tout à fait au site et à son histoire.

L’esprit des forges, une leçon

En 1588, lorsque Antoine d’Incamps investit sa fortune dans ces forges il dispose d’informations techniques venant de toute l’Europe, par les voyageurs circulant du nord au sud et ceux circulant d’est en ouest. Ces informations lui permettront de faire les meilleurs choix pour proposer de meilleurs produits avant ses concurrents.

Actuellement, « Turbomeca » leader mondial et ses partenaires rassemblés sur le site « Bordes-Assat » disposent d’informations techniques riches. Ces informations doivent être traitées au regard du passé et du présent de chacun pour les transformer en connaissances utilisables dans le champ approprié. La leçon d’Antoine d’Incamps, c’est de mettre l’information au service de l’innovation.
Puisse le pôle aéronautique mettre en place une structure pour former et informer sur le passé et le présent de ses productions et de celles extérieures, afin de bâtir une vision commune du futur pour innover avant la concurrence.

En résumé, oui, la forge doit être racontée ici, sur son site pour faire rêver. Oui la leçon de la forge doit servir au pôle aéronautique pour affronter le futur avec une vision solidaire grâce à une connaissance commune du passé et du présent.

Les entreprises doivent être fières de montrer leurs réalisations passées et présentes, c’est le plus bel atout pour l’avenir.

Dominique Fournier*
4 octobre 2008
* Dominique Fournier est le président de Fer et Savoir-Faire.


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